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Children of the Corn

Comment pourrais-je vous décrire en une seule phrase Children of the Corn? Eh bien, vous y retrouverez du maïs, des enfants et encore du maïs. Non, ne laissez pas mon sarcasme vous décourager, car j’adore cette histoire!

« OUTLANDER! » s’époumone Malachai durant la moitié du film réalisé par Fritz Kiersch (1984). Au grand dam de l’auteur, cette nouvelle aura engendré plus d’une dizaine d’adaptations et suite sans fin. Pour cette chronique, je me suis attardé au premier long métrage de 1984 ainsi qu’à la nouvelle adaptation réalisée en 2009 par Donald P. Borchers pour relancer la franchise. (Oui, vous avez bien lu… relancer la franchise!)

Fermez vos yeux un instant et imaginez ce tableau champêtre. Nous sommes au mois de septembre en plein cœur de la saison des récoltes et vous roulez sur une route de campagne depuis un certain temps. Plus d’une heure est passée depuis que vous avez croisé un véhicule. En cette journée ensoleillée, les dernières chaleurs de l’été vous accompagnent tout en annonçant l’automne qui approche à grands pas. De chaque côté, des champs de maïs à perte de vue. Pour contrer votre ennui, vous lisez les pancartes évangélistes prêchant la parole de Dieu. Les ondes radiophoniques fluctuent selon les rares antennes perdues parmi les épis et lorsque vous captez finalement un signal, vous êtes submergé par un sermon acide au relent haineux. Surtout, ne laissez pas vos yeux quitter un seul instant la route! Un gamin pourrait sortir à tout moment du champ…

Dans la nouvelle, Burt et Vicky Robeson tentent tant bien que mal de rafistoler leur mariage lors d’une seconde lune de miel. En sillonnant le Nebraska, une dispute éclate et quand un enfant traverse subitement la chaussée, ils ne peuvent l’éviter à temps. Se rendant au village le plus proche, Gatlin, ils y découvrent à leurs dépens un culte où les membres sont exclusivement des jeunes de moins de 19 ans. Ayant zigouillé les adultes douze ans auparavant, ils vivent en autarcie et vénèrent également une entité dangereuse et puissante en résidence dans les champs de maïs.

Histoire simple, mais oh! combien efficace ! La magie du récit tient en une quarantaine de pages grâce à l’atmosphère mystérieuse et anxiogène décrite par l’auteur. Quoi de plus sinistre qu’une bourgade abandonnée au milieu de nulle part ainsi qu’un groupe religieux extrémiste? Sans oublier des enfants? Je comprends tout à fait la fascination d’Hollywood pour cette nouvelle.

Maintenant, qu’en est-il des adaptations cinématographiques? La version de Kiersch (1984), bien que devenue un film culte depuis plusieurs années, est complètement passée à côté de la plaque en ce qui concerne le ton de l’histoire. Tout d’abord, le couple, heureux en ménage, est aidé durant leur périple par deux jeunes enfants. Ensuite, ils survivent dans un « happy end » grinçant et représentent la famille idéale, soit un couple hétérosexuel avec un garçon et une fille.

Enfin, c’était en 1984. Malgré ces quelques changements, le film reste assez fidèle à la nouvelle de Stephen King et vous y retrouverez un charme typique des années 80. La musique, interprétée par une chorale d’enfants, aide énormément l’adaptation. Ce n’est pas ce qu’il y a de pire dans l’univers cinématographique du King.

Personnellement, je préfère la version de 2009 réalisée par Donald P. Borchers. Elle respecte non seulement les relations conflictuelles entre Burt et Victoria, mais également la fin aussi sombre et lugubre soit-elle. Le personnage de Burt, pour ce « reboot », devient un ancien combattant. Ce qui n’ajoute pratiquement aucune valeur au récit, sauf une séquence interminable dans les champs de maïs où Burt en pleine crise post-traumatique s’imagine dans les tranchées au Viet Nam. Bref, un excellent film de série B à écouter lorsque vous n’avez rien de mieux à faire…

Nous nous retrouverons en octobre pour la dernière adaptation du recueil Night Shift intitulée Chambre 312.

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