Film d'horreur Stephen King Démons Histoires courtes Nouvelles
Films et séries,  Lectures

Cours, Jimmy, cours

La décennie de 1990 fut, pour les adaptations cinématographiques de Stephen King, prolifique et fort intéressante. Allant de la première version de It (1990) à Misery (1990) avec la talentueuse Kathy Bates ; en passant par Les évadés (1994), Le fléau (1994) ou encore La ligne verte (1999) ; vous avez le choix de l’embarras pour votre prochaine soirée ciné.

Cours, Jimmy, cours, également connu sous le titre Le retour ou encore Vengeance diabolique, a passé sous les radars en 1991. Ian Nathan mentionne dans son livre Stephen King à l’écran : une rétrospective des adaptations au cinéma et à la télévision du maître de l’horreur que « Les experts de Stephen King le rangent parmi les pires adaptations. » (Page 115) Je n’irai pas jusqu’à ce point, car pour l’instant rien ne bat selon mon opinion The Mangler (1995).

Cependant, le film tombe dans la catégorie des versions mélodramatiques plus ou moins merdiques. Surtout lorsqu’il est comparé avec la nouvelle originale : Sometimes they come back. C’est une histoire de vengeance obscure avec une atmosphère qui transpire une terreur viscérale où le personnage principal semble condamné depuis le premier paragraphe. Tout ce que l’adaptation de Tom McLoughlin n’est pas.

Dès les premières minutes du film, nous rencontrons Jim Norman, notre héros, sa femme Sally et leur fils Scott. Déjà, l’ajout d’un enfant, aucunement présent dans la nouvelle, annonce une fin heureuse où personne ne meurt sauf les méchants. C’est un trope tellement prévisible qui m’a laissé un goût amer en bouche, d’autant plus que mon impression initiale fut confirmée à la fin des 90 minutes.

Pour résumer sommairement l’histoire, à l’âge de neuf ans, Jim Norman assiste au meurtre de son frère aîné Wayne. 16 ans plus tard, Jim est professeur d’anglais qui, outre quelques cauchemars occasionnels, arrive à vivre une vie tranquille. Jusqu’au jour où les assassins de son frangin remplacent dans sa classe, et ce du jour au lendemain, certains élèves disparus. Ils n’ont pas vieilli d’une miette et désirent sans raison apparente le faire souffrir et se venger.

Film d'horreur Stephen King Démons Histoires courtes Nouvelles
Stephen King à l’écran : une rétrospective des adaptations au cinéma et à la télévision du maître de l’horreur de Ian Nathan et D’après une histoire de Stephen King : anthologie de Stephen King à l’écran de Matthieu Rostac et François Cau.

Superbement écrite, la nouvelle m’a donné de nombreux frissons, et ce pour deux raisons et demie. Tout d’abord, King n’a pas besoin de justifier le pourquoi du comment, soit le motif qui pousse les vilains à agir comme ils le font. Ils veulent tourmenter et tuer Jim, tout simplement. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’expliquer chaque décision des personnages, méthode employée dans le film. Parfois, la dure réalité c’est qu’il n’y a aucune raison.

Deuxièmement, la vengeance est un couteau à double tranchant. Une fois que Norman constate que les voyous sont des revenants, il sacrifie sa santé mentale et son âme en invoquant un démon. Ah oui, sa femme meurt. Un détail essentiel pour le déroulement du récit. Pas de « Happy End » ici.

Le Jim Norman du film est davantage passif et son centre d’attention est constamment ramené à sa famille qu’il doit sauver. Le jeu d’acteur de Scott, l’enfant improvisé, est atroce soit dit en passant…

« That night he had the dream again. The dream was always cruelly slow. There was time to see and feel everything. And there was the added horror of reliving events that were moving toward a known conclusion, as helpless as a man strapped into a car going over a cliff. » (Page 231)

Le ressentez-vous? Ce sentiment que la fin sera inévitablement tragique? Bref, la nouvelle est supérieure au film à cent dix pour cent. Je vous épargne une longue diatribe sur les suites de la franchise intitulées Les enfants du diable (1996) et Le diable des glaces (1998). Oui, oui, quelqu’un s’est dit que ce serait génial de faire une séquelle au premier film qu’y n’a pas vraiment réussi… Oh! Et l’action du troisième volet se déroule en Antarctique. Trouvons l’erreur.

D’ailleurs, Matthieu Rostac et François Cau, les auteurs du livre D’après une histoire de Stephen King, donnent un taux de fidélité de 25 % et 5 % pour ces suites loufoques par rapport à la nouvelle originale. Et ma foi, je ne peux que confirmer! Toutefois, pour ceux qui aime souffrir comme moi, Sometimes they come back… Again (1996) et Sometimes they come back… for more (1998) sont disponibles gratuitement sur la plateforme TubiTV.

Le mois prochain, nous nous retrouverons au bord du précipice avec la nouvelle et son court métrage intitulé La corniche ou The ledge.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :