Films d'horreur Classiques
Analysons un bon vieux film

Dr. Terror’s House of Horrors (1965)

Tirez-vous une bûche… c’est le temps d’analyser un bon vieux film!

En 2020, avec mon segment cinéphile et nostalgique, nous avons revisité quatre décennies. Tout d’abord, 1949 avec La reine de pique (lire ici) ; 1985 avec Re-Animator (lire juste là) ; 1957 avec Curse of the Demon (si ça vous intéresse, c’est ici) ; et finalement, 1997 avec Mimic (si vous cliquez ici, vous y retrouverez de nombreuses bibittes mutantes… vous êtes prévenu). Aujourd’hui, en ce mois enneigé de février, je vous présente un film douillet et sympathique qui ne manque jamais de me remonter le moral. Alors, cap sur l’année 1965 avec Dr. Terror’s House of Horrors!

Avertissement : J’examine et décortique le film dans son ensemble dans un ordre qui ne suit pas nécessairement la logique narrative de « début à la fin ». Donc, si vous n’avez pas vu ce classique, je vous suggère fortement de le visionner avant de lire ma chronique… je vais attendre, ne soyez pas inquiet… c’est bon? Vous l’avez écouté? Parfait! Nous pouvons commencer. P.S. Dr. Terror’s House of Horrors est en ce moment disponible gratuitement sur la plateforme Tubi.Tv.

Vous avez déjà entendu l’expression anglaise « portemanteau films »? Eh bien, c’est une autre formulation pour désigner une anthologie, soit une œuvre qui regroupe plusieurs courts segments. Dans le cas présent, Dr. Terror’s House of Horrors ou Le train des épouvantes pour la version francophone, est un film produit par la compagnie britannique Amicus et réalisé par Freddie Francis (1917-2007). Comprenant cinq récits d’une quinzaine de minutes chacun, ces derniers sont reliés, comme un fil d’Ariane, par une histoire farfelue aux tonalités mystiques à souhait.

Films d'horreur Anthologies Tarot Loup-garou Vampires Vaudou

Cinq étrangers prennent le train à Londres et sont rejoints dans leur compartiment par le ténébreux docteur Schreck. Grâce à son jeu de tarot, il leur dévoile leurs potentiels avenirs. Ainsi, chaque segment commence par le tirage des cartes, puis les histoires aux destinées plus absurdes les unes que les autres nous sont révélées. Une chose est certaine, au bout du chemin se trouve uniquement la mort (tatatam!). Loup-garou, vampire, dieu vaudou, une main fantôme voulant se venger et une plante qui souhaite conquérir le monde… Le tout agrémenté d’effets spéciaux pratiques plutôt mal exécutés… Un pur plaisir de série B!

Amicus Productions, une compagnie active durant les années soixante jusqu’à la fin des années quatre-vingt, est reconnue pour ses projets « boboches » à petit budget. D’ailleurs, Dr. Terror’s House of Horrors fut la première anthologie d’une suite comprenant entres autres Torture Garden (1967), The House That Dripped Blood (1971) ou encore Tales from the Crypt (1972). Sur vingt-sept films produits par Amicus, Freddie Francis en réalisa sept, dont certaines des compilations mentionnées plus haut.

Le charme de ces films « portemanteau » ou films à sketches repose sur la panoplie d’acteurs sélectionnés pour chaque segment et bien sûr, leurs concepts ravissant comme tout. En fractionnant leur budget, Amicus a pu proposer de petits rôles à des artistes tels Peter Cushing (1913-1994), Christopher Lee (1922-2015), Jon Pertwee (1919-1996), Donald Sutherland (1935-), etc.

Il n’y a rien d’extraordinaire dans ces films, mais il s’en dégage un profond sentiment de réconfort. Pour moi, ce sont des œuvres qui se regardent en hiver, préférablement un samedi matin, avec une couverture bien moelleuse et un bon chocolat chaud. En soi, l’histoire du docteur Schreck et des cinq passagers ne fait aucun sens! Le docteur, interprété par le merveilleux Peter Cushing, n’est autre que la mort lui-même. Nous apprenons à la toute fin que les personnages sont en réalité décédés d’un accident ferroviaire. Arrivés à destination, les hommes désorientés sont accueillis par Schreck qui se transforme pour notre plus grand plaisir en squelette. Cette scène ne manque jamais de me faire rigoler! C’est fabuleux! Alors, quel est le but des courts récits? Pourquoi voir un futur potentiel qui du coup ne se réalisera jamais?

Je ne sais pas si c’est le cas pour les autres catégories de films, mais avec le cinéma d’horreur, il faut simplement mettre de côté toute rationalité. Dr. Terror’s House of Horrors doit être accepté tel qu’il est avec tous ses petits moments de magie et ses nombreux défauts. Oui, vous pouvez voir les files qui tiennent les chauves-souris en plastique… Oui, vous pouvez très bien sentir la présente de la personne qui manipule à bout de bras les tiges mutantes. Mais, une fois passés ces détails, vous ne pourrez qu’apprécier cette anthologie.

Mon histoire favorite, intitulée « the disembodied hand » n’est autre que celle avec Christopher Lee et ironiquement la seule qui ne comprend pas de tirage de cartes. Le personnage, un homme fier et sceptique, refuse de jouer le jeu, mais écoute quand même le récit du docteur. Ce dernier, Franklyn Marsh, est un critique d’art condescendant qui déteste absolument être lui-même dénigré. Lorsqu’un peintre célèbre le ridiculise publiquement, Marsh se venge en lui roulant sur la main droite avec sa voiture. Amputée, la main revient d’outre-tombe pour punir l’impertinent. Karma oblige, Marsh finit par avoir un accident de la route et devient aveugle. Œil pour œil! Main pour main!

Si la divination et le tarot vous intriguent, Laura Hokstad interprète les tirages du docteur Schreck sur la chaîne YouTube intitulée Rue Morgue TV, une extension du fabuleux magazine ontarien (voir ici). Un concept bien intéressant!

Je suis curieuse, connaissiez-vous Dr. Terror’s House of Horrors avant de lire mon article? Et vous, quel film écoutez-vous en hiver pour mettre du baume sur votre cœur?

2 commentaires

  • Isabelle

    Eh, bien !! Ces films « portemanteau » ou films à sketches laissant parler la « mort » rappellent les différentes apparitions de films, plus contemporains, celui entre autre où tout « ce beau monde » (même antagonistes que Dr. Terror’s…) se retrouve coincé dans un autobus (dont j’oublie le titre) et doive refaire face à leurs actions antérieures. Comme le « sujet » est certain : « voulez-vous vous racheter de vos erreurs passées… »
    Et bien sûr, le meilleur choix s’impose !!!
    Merci pour partage cinématographique !!

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