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Huis clos, horreur et cinéma! Vol. 2

En mars dernier, je vous présentais trois films où l’isolement et le huis clos étaient à l’honneur (lire ici). Il y a un je-ne-sais-quoi d’absolument captivant et angoissant quand les protagonistes sont coupés du monde. Qu’un seul endroit suffise à porter un récit du début à la fin est un exploit en soi. Lorsque l’environnement est réduit à un strict minimum, l’atmosphère peut, selon la mise en scène, y être dix fois plus oppressante!

Bien sûr, ces lieux ne seraient rien sans le danger imminent qui force les personnages à aller de l’avant. Celui-ci maintient le suspense au même titre que le décor. Je vous propose donc aujourd’hui trois autres œuvres cinématographiques où les localisations sont épurées avec une menace hors du commun!

  • The Descent de Neil Marshall (2005)

Film d’horreur britannique, The Descent relate l’histoire de six femmes amatrices de spéléologie. Sarah, Juno, Beth, Rebecca, Sam et Holly se rejoignent en Caroline du Nord pour explorer un réseau de grottes de catégorie « facile ». Au cours de leur randonnée, un étroit passage s’effondre derrière le groupe. C’est à ce moment que l’intrépide Juno, la guide de cette activité, leur avoue avoir choisi un endroit non répertorié au lieu de l’itinéraire convenu. Elle souhaitait faire vivre une véritable aventure à ses amies… Prisonnières, sans carte pour les orienter avec des lampes torches qui ne dureront pas éternellement, elles ne peuvent que continuer en espérant trouver une autre sortie… Ça, c’est sans compter les créatures aveugles et affamées qui rôdent dans les parages! TATATAM!!!

Neil Marshall, le scénariste et réalisateur du projet, a fait plusieurs choix judicieux non seulement en raison d’un budget limité, mais aussi artistiquement pour rendre l’atmosphère anxiogène et sombre à souhait. Éclairé uniquement grâce à la lumière provenant des lampes frontales et des bâtons fluorescents, cet obscurcissement volontaire outre sa véracité, cache également les défauts de la grotte. En effet, les scènes dans le méandre labyrinthique sous terrain ont été filmées en studio. Ainsi, plusieurs murs et éléments du décor furent réutilisés à plusieurs occasions. Cependant, l’action et les dialogues sont si intenses que ce détail passe absolument inaperçu! Cela dit, Marshall et son équipe ont réussi un tour de force, car les lieux et l’ambiance ne sont nullement répétitifs et ennuyants.

De plus, la distribution est entièrement féminine, ce qui est assez rare dans les films d’horreur, mais aussi au cinéma en général… Pour créer des personnages réalistes, Marshall a demandé conseil auprès de ses propres amies. C’est peu dire, quand les gens s’en donnent la peine, le résultat est fabuleux! Non seulement ces femmes paraissent plus vraies que nature, mais elles ont chacune leurs caractères et leur arc narratif. Ça peut sembler stupide de mettre de l’avant cet élément, mais la représentation des femmes dans le cinéma de genre surtout lorsqu’elles sont scénarisées par des hommes, est effroyablement limité.

Le sentiment de claustrophobie s’intensifie lentement en même temps que la tension monte. D’une durée de 100 minutes, le film est équilibré à la perfection. Un chef-d’œuvre à ne pas manquer!

  • Cube de Vincenzo Natali (1997)

Principalement par économie de moyen avec un microbudget ridicule de 350 000 dollars, ce film de science-fiction et d’horreur canadien est par-dessus tout un exercice de style incroyable. Véritable ancêtre des films à « escape rooms » et même de la franchise Saw avec ses pièges meurtriers, Cube, comme l’indique brillamment son titre enferme ses protagonistes dans des… eh bien, des cubes. Ces derniers sont en mouvement avec des issues sur chaque mur menant à d’autres pièces cubiques. Certaines salles sont dangereuses tandis que d’autres sont neutres. Pour les différencier, car bien évidemment tournée dans un seul cube, la couleur des cloisons change grâce à un éclairage contrasté (blanc, rouge, bleu, etc.).

Nous retrouvons cinq personnes tous surnommées selon des pénitenciers (Kazan, Holloway, Rennes, Alderson, etc.) qui se réveillent en ce lieu mystérieux sans comprendre la raison de leur enlèvement. D’ailleurs, aucune explication n’est donnée de ce côté, ni même l’identité des kidnappeurs. Du moins pour ce premier opus, je n’ai pas vu la suite Cube 2 (2002) ni l’antépisode intitulé Cube Zero (2004). Expérimentation sociale?  Essai gouvernemental? En fait cet élément à peu d’impact, car le cœur de l’histoire réside dans la réaction et les interactions des personnages. Leurs traits de caractères et valeurs s’entrechoquent. Au lieu de s’entraider pour résoudre leur problème, certains s’entre-tuent. Métaphore de notre société? Hum… Voici un film d’auteur à découvrir!

  • Saw de James Wan (2004)

En parlant de la franchise Saw, ou Décadence pour la version française! Contrairement à ce que pourraient laisser paraître l’affiche promotionnelle et le reste de la série, ce premier opus co-écrit par Leigh Whannell et James Wan est plus psychologique que sanglant!

Dans ce film d’horreur américano-australien, deux hommes, Adam et Lawrence, se réveillent enchaînés dans une salle de bains abandonnée avec un cadavre au milieu de la pièce. Piégés par le tueur en série Jigsaw, ces étrangers doivent choisir entre vivre ou mourir. Pour sortir de cette pièce infernale, l’un d’eux doit éliminer l’autre en suivant les indices… Bon, je crois que tous, y compris ceux qui ne l’ont pas vue, connaissent la fin… non? Eh bien, cet élément fait le film à lui seul, car en ce qui concerne les dialogues et le jeu des acteurs, on repassera! Je dois avouer que la tension fonctionne plus ou moins dans ce film, si on le compare à The Descent et Cube, mais l’originalité de l’histoire excuse tous ses défauts.

Il n’empêche que ce huis clos, considéré comme à l’origine de la nouvelle vague de « torture porn » et de « gore » au début des années 2000, a marqué toute une génération d’admirateurs du genre. Ils en sont même rendus au neuvième opus… Vous pouvez selon moi vous arrêter au premier à moins que la créativité des pièges ne vous intrigue! Un film à voir au moins une fois!

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