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La corniche et Désintox inc.

Qu’est-ce qu’un fumeur compulsif, un amant et un troll ont en communs? Non, ce n’est pas le début d’une mauvaise blague… en fait, ce sont les segments de l’anthologie cinématographique de Lewis Teague : Cat’s Eye (1985). Au scénario, nul autre que Stephen King qui reprend deux nouvelles de sa propre compilation Night Shift, soit The Ledge et Quitters inc., puis écrit tout spécialement pour le film un tronçon nommé General.

Exceptionnellement, j’ai décidé de jumeler deux chroniques en une soit celle de juillet et de septembre, car les histoires sont « interrelliées » dans l’adaptation. Enfin, par un poil de chat… Oui, un chat circule d’un segment à l’autre en étant un témoin oculaire dans Désintox inc. et La corniche pour finir comme héros et protagoniste dans General. Ma foi, pourquoi pas!

Produit par Dino De Laurentiis, celui qui a également financé Maximum Overdrive, Sometimes they come back, Firestarter (1984), Dead Zone (1983), Silver Bullet (1985)… Le film débute avec la poursuite d’un fauve tigré par un Saint-Bernard en rage et ensanglanté. (Kof! Kof! Cujo que fais-tu là?) Le chat errant échappe de justesse au méchant pitou et a une automobile qui ressemble à s’y méprendre à Christine (kof! Kof!) en se cachant dans un camion de livraison qui l’amène à New York.

À partir de là, c’est la descente en enfer pour le malheureux félin. Il est capturé par un employé de Désintox inc., puis torturé pour montrer l’exemple. Il s’enfuit et prend un traversier pour le New Jersey où un mafioso l’embarque chez lui. Il regarde un pauvre amant faire le tour de La corniche, puis décide qu’il en a assez et se rend en Caroline du Nord en train. Le chat se fait adopter par une gamine et sauve sa nouvelle maîtresse d’un troll qui aspire l’âme des enfants. Ouf! Avec tout ça, j’ai oublié de vous mentionner que la créature hyper intelligente à quatre pattes a des visions de la fille via les vitrines de magasins. Interprétée par une jeune et adorable Drew Barrymore, celle-ci implore subliminalement l’aide de General, le fameux chat.

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Trêve de plaisanterie… outre ces éléments tirés par les moustaches du félin, les segments de The Ledge et Quitters inc. respectent plutôt fidèlement leurs sources d’origine. Dans la première histoire, nous suivons Richard Morrison qui tente d’arrêter de fumer. Un ami lui recommande la compagnie Désintox inc. aux méthodes, disons, peu conventionnelles. Filé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dès que Morrison succombe à son vice sa femme est kidnappée et électrocutée. Quoi de mieux pour couper court aux envies toxiques…

Dans le deuxième segment, Norris, un ancien instructeur de tennis et amant de la femme de Cressner, parie sa liberté avec le dangereux patron du crime. Il doit faire le tour de la corniche d’un gratte-ciel tandis que Cressner lui lance malicieusement des objets pour le déloger. De plus, un pigeon territorial peu content de la visite impromptue lui picore le mollet. Norris réussit et revient à son point de départ uniquement pour retrouver la tête de son amoureuse dans un sac. Furieux, Norris prend le contrôle sur Cressner et lui fait subir un sort identique. Malheureusement pour le gangster, pas avec le même résultat.

Cette anthologie représentative des années quatre-vingt, allant des coupes de cheveux au méga synthétiseur en musique de fond, a quand même bien vieilli. Ce qui prouve, selon moi, que l’adaptation des nouvelles en courts métrages est définitivement la meilleure méthode pour respecter les œuvres originales sans déborder inutilement côté narration. Le seul bémol de Cat’s Eye concerne la différence de ton entre les histoires du recueil Night Shift et celle écrite pour le film. La corniche et Désintox inc. sont relativement sérieuses et dramatiques dans leurs propos, tandis que General ressemble à un conte pour les enfants.

Ce n’est pas uniquement parce que le personnage principal est une fillette, il y a une aura puérile dans le scénario. La bataille entre le troll et General est loufoque à souhait tandis que la réaction de la gamine durant cette dernière vous fera grincer des dents. Somme tout, le design et l’esthétique visuelle de la créature sont fascinants.

En jumelant deux nouvelles pour cet article, je dois décaler Les enfants du maïs, Chambre 312 et le restant des histoires sans adaptations du mois de septembre à novembre. Je terminerai donc un mois à l’avance, mais ne vous en faites pas! Je concocte déjà un défi lecture pour 2021 que je vous dévoilerai en décembre. Sur ce, tourlou!

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