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La pastorale ou The Lawnmower Man

Wow, je croyais sincèrement qu’aucun film ne pourrait surpasser en médiocrité The Mangler… Et bien, The Lawnmower Man de Bret Leonard (1992) arrive en deuxième place! Yeah! Matthieu Rostac et François Cau, dans leur anthologie intitulée D’après une histoire de Stephen King, émettent un généreux 5 % pour le taux de fidélité. Ha! Même Stephen King porta plainte et obtint gain de cause au tribunal pour faire retirer son nom de la production… C’est peu dire!

La nouvelle est ridicule en soi, le film est tout simplement affreux et bourré de clichés. Quoique reconnu pour ces effets spéciaux visuels innovateurs pour l’époque avec son animation en image de synthèse, The Lawnmower Man ou Le Cobaye pour la version française, ne résiste pas au test du temps. Un deuxième opus, Lawnmower Man 2 : Beyond Cyberspace, fut produit en 1996! Rostac et Cau, certainement pour ne pas gaspiller de l’encre, ne prennent même pas la peine de coter… je m’épargne donc la torture visuelle et mentale. Le premier film était d’une durée incroyablement longue de 107 minutes et j’ai une vie à vivre. Merci.

Dans la nouvelle, Harold Parkette engage une compagnie, Pastoral Greenery Inc., pour tondre son gazon. En effet, après un malheureux accident où le chien du voisin mourut sous sa tondeuse, Parkette se départit de son outil. Un homme est donc envoyé chez le protagoniste, mais celui-ci tond l’herbe à poil et mange les résidus verts à même le sol… Ne tolérant pas la critique d’un monsieur Parkette étonné et offusqué, l’employé passe ce dernier sous les lames de sa tondeuse. Voilà! Pourquoi Allied Vision, la compagnie qui acheta les droits pour cette nouvelle, croyait-elle pouvoir produire un long métrage à partir de ce récit? Qui sait? Mystère!

Et le résumé du film? (Vous ne pouvez pas l’entendre, mais je prends une grande inspiration…) L’ambitieux docteur Lawrence Angelo, interprété par un jeune Pierce Brosnan avant de devenir l’agent 007, recrute comme cobaye Jobe Smith incarné par Jeff Fahey. Ce dernier a une déficience intellectuelle et tond le gazon des résidents de la bourgade. L’expérience scientifique consiste à accroître l’intelligence de Jobe grâce à la réalité virtuelle. Miracle! Ça fonctionne, mais le jeune homme développe des pouvoirs parapsychologiques et un désir croissant de dominer le monde. Mouahahahaha! Personne ne mange du gazon à poil, mais le voisin du docteur Angelo s’appelle Parkette et meurt sous la lame d’une tondeuse, soit l’unique lien avec l’histoire de Stephen King.

Le film pourrait servir d’étude professionnelle pour démontrer les clichés cinématographiques arriérés des années 1980 et 1990. L’homme simple d’esprit devenant intelligent ; le scientifique qui a une morale douteuse ; le prêtre radin qui maltraite physiquement des innocents ; les femmes représentées comme des victimes qui doivent être secourues par le fameux héros… Humpf! Ces tropes usés et négatifs perpétuent les stigmas sociaux vis-à-vis les femmes et la déficience intellectuelle.

Nous devrions en principe comprendre émotionnellement le héros, soit le docteur Angelo, mais ce dernier n’a aucun scrupule. Ni envers Jobe, ni envers sa femme qu’il traite d’une manière exécrable! Il symbolise le scientifique hyper intelligent, surdoué et innovateur qui va changer l’univers. Ce qui, selon Hollywood, ne peut être représenté que par une attitude désinvolte et méprisante à l’égard d’autrui. Enfin, tout le monde sait que les médecins et les scientifiques sont comme ça, non?

Lorsque Jobe tue la femme de Lawrence, ce dernier ne cligne même pas des yeux. Pire encore, le « héros » termine son arc narratif avec sa voisine et son fils. Ah oui, un autre cliché, soit la femme et l’enfant battus par le mari. Tout le monde le sait, incluant Angelo, mais personne n’intervient, sauf Jobe qui tue Parkette avec sa tondeuse… Haaa! Ce film fut une véritable torture et même mon popcorn ne fut pas assez pour sauver la donne.

Bon, je me suis assez lamenté. Le mois prochain, nous allons nous perdre parmi les épis de maïs avec Children of the Corn. Fait intéressant : cette nouvelle a engendré dix adaptations cinématographiques depuis 1984. Dix! Visionnerais-je l’ensemble de ces films? Houuu, mystère!

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