Démon Film d'horreur Machine Stephen King
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La presseuse

Après les rats, voici une courte nouvelle et un film, mais alors beaucoup trop long (106 minutes, merdouille), qui mettent en vedette une gigantesque repasseuse-plieuse possédée par un démon goulu de sang virginal…

J’ai eu une étincelle d’espoir bien malgré moi en voyant à l’écran le nom du directeur. Tobe Hooper! Wow, le créateur de Massacre à la tronçonneuse et le réalisateur de Poltergeist. Serais-je tombé sur une pépite d’or inconnue? Eh bien, non. Alors là, pas du tout.

Déjà, la courte nouvelle n’a rien d’extraordinaire. Nous suivons le détective John Hunton lors de son enquête dans une blanchisserie. Une malheureuse dame a été repassée et pliée dans la fameuse machine surnommée Mangler. En effet, après qu’une vierge y ait innocemment et involontairement versé quelques gouttes de sang, un démon s’est pris d’affection pour l’engin.

Hunton tente d’exorciser la presseuse avec l’aide de son ami Mark Johnson. Ce dernier est non seulement professeur, mais comble du bonheur et d’un heureux hasard (kof! Kof!), il est également connaisseur en démonologie! Bref, c’est un scénario qui n’a rien d’innovateur pour le monde de l’horreur. J’ai toutefois passé un bon moment de lecture.

Ce qui ne fut malheureusement pas le cas lors de l’adaptation cinématographique. J’en viens à penser qu’il est extrêmement difficile de transposer une nouvelle à l’écran. J’ai abordé bien sommairement le sujet lors de mon article Poste de nuit ou La créature du cimetière. Il semblerait que pour combler le temps requis d’un long-métrage (environ 80 minutes), le scénariste se sente obligé d’ajouter de la substance au scripte. Dans le cas de The Mangler, les producteurs ont misé sur le personnage du propriétaire de la blanchisserie, Bill Gartley, qui n’est que mentionné dans le récit.

Extrait de l'anthologie D'après une histoire de Stephen King

Je me plaignais en janvier du patron dans Poste de nuit. Il était sexiste et insupportable, mais là là, nous avons droit à la totale. Gartley est un pervers misogyne mi-homme et mi-machine qui a des répliques super clichées. La féministe en moi a grincé pendant 106 minutes. Ha! Il use de son pouvoir pour abuser d’une travailleuse. Il lui garantit sa sécurité et l’une des tâches les moins dangereuses de la manufacture contre du sexe.

C’est définitivement l’intrigue secondaire la plus inutile et franchement dégoutante que j’ai vue jusqu’à présent. De plus, il tente de donner sa nièce en offrande à la machine pour sa propre prospérité. Ah oui, un autre ajout à l’histoire, Bill Gartley a fait un pacte avec l’appareil, il doit sacrifier régulièrement une vierge de 16 ans pour devenir l’homme le plus riche de la ville.

Ted Levine (Buffalo Bill dans Silence des agneaux) et Robert Englund (Freddy Krueger dans Les griffes de la nuit) ont définitivement abandonné toute logique au milieu du tournage. Ça se ressent dans leurs jeux d’acteurs, c’est un fiasco. Matthieu Rostac et François Cau expliquent dans leur anthologie D’après une histoire de Stephen King que ce film était une commande pour Tobe Hooper. Sa carrière commençait à dégringoler, Hooper était en disgrâce à Hollywood et il n’a pas vraiment eu le choix de l’œuvre. Dommage, il a réalisé de beaux projets au début de sa carrière.

Je ne perdrais pas mon temps à regarder The Mangler II et The Mangler Reborn, qui selon Rostac et Cau ont respectivement 2 % et 5 % de fidélité à la nouvelle d’origine… Je suis certaine que vous comprendrez. Suis-je découragé pour mon défi lecture? Pas encore! Je suis une éternelle optimiste en ce qui concerne l’horreur et j’ai bien hâte de découvrir la prochaine nouvelle intitulée Le croque-mitaine.

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