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Le croque-mitaine ou The Boogeyman

J’ai une bonne nouvelle pour vous… j’ai lu cette semaine une excellente nouvelle de Stephen King. Et oui, Le croque-mitaine a su me redonner espoir! C’est une histoire à la King comme je les aime.

Lester Billings nous raconte, du divan de son psychiatre, la mort suspecte de ses trois enfants. Selon le père, ils auraient aperçu le fameux croque-mitaine dans l’armoire de leur chambre seulement quelques heures avant leur décès. Y a-t-il réellement une force surnaturelle en cause ou est-ce Billings, lors d’une crise de paranoïa, qui aurait tué ses mômes? L’ambiguïté de la situation imprègne le récit du début à la fin et l’auteur nous démontre tout son talent de conteur.

Au cours de cette nouvelle d’à peine une vingtaine de pages, le personnage de Billings devient pour le lecteur complètement antipathique. Non seulement il est arrogant et colérique, mais nous comprenons assez rapidement qu’il est alcoolique, misogyne et violent envers sa famille. En ce qui me concerne, je n’ai aucun doute sur sa culpabilité.

Le génie de King se retrouve dans la psychologie du protagoniste, car le croque-mitaine n’est autre que Lester Billings. Marié et père de trois enfants non désirés à l’âge de 28 ans, Billings s’inculpe involontairement en relatant banalement son quotidien. Ces pauvres petits ont fort probablement péri secoués. L’auteur se distingue, selon moi, lorsqu’il nous décrit le côté social et psychologique dans l’interaction des personnes ou même à l’échelle d’un village. Bazaar, Le shining et Misery sont de merveilleux exemples de ce genre.

En ce qui concerne l’adaptation cinématographique, le court métrage d’une trentaine de minutes intitulé The Boogeyman fut réalisé par Jeffrey Schiro en 1982. Ce projet scolaire devient lors de sa création le premier des « Dollar babies » de Stephen King. L’auteur permet depuis 1977 l’adaptation de ses nouvelles par des étudiants et de jeunes cinéastes pour la modique somme de 1$. Ces films ne pouvant être distribués commercialement sans l’accord de King, nous ne connaissons pas le nombre exact de ses « Dollar babies ». Seul l’auteur possèderait un exemplaire de chacun de ces curieux projets.

Cela dit, vous pouvez facilement retrouver en langue originale The Boogeyman sur YouTube. Ce court métrage reste fidèle au matériel de base, en tout cas davantage que l’adaptation de Poste de nuit et de La presseuse. Seule différence notable, la police s’implique dans le cas de la famille Billings. Dans la nouvelle, les autorités ne semblent pas trouver suspecte la mort de ses trois enfants à pratiquement trois années d’intervalle…

Schiro remédie à cette lacune en ajoutant une scène d’interrogation assez rigolote et stéréotypée. Malgré le respect de la nouvelle, le film laisse à désirer artistiquement parlant. C’est une adaptation, sans plus. Cependant, j’ai bien apprécié le format du court métrage. Le réalisateur n’a pas eu à renflouer son œuvre de contenu inutile et superflu, comme le film La presseuse… vous pouvez par ailleurs jeter un coup d’œil à ma diatribe ici.

Enfin, je lirai en avril la nouvelle qui s’intitule Petits soldats et j’ai déjà hâte de m’y plonger le nez!

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