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Le rituel

Rares sont les adaptations cinématographiques qui surpassent leur source d’inspiration littéraire. Pourtant, ce n’est pas impossible comme l’a démontré David Bruckner en 2017 avec sa version du roman intitulé Le rituel de Adam Neville. Ayant visionné l’adaptation avant de lire le roman (sacrilège!), je crois que mon appréciation du film est peut-être biaisée. Qui sait? Toutefois, après avoir finalement lu le livre et réécouté l’adaptation, je peux vous confirmer que le film est supérieur!

Enfin, selon moi…

Nous suivons quatre amis, Dom, Phil, Luke et Hutch pour leur voyage annuel. Rituel qu’ils honorent depuis leurs études universitaires. Cependant, leur lien de camaraderie s’étiole de plus en plus chaque année, entre le travail, la famille et les problèmes financiers. Luke, héros et narrateur, est le mouton noir du groupe. Il n’a ni famille ni véritable emploi, ce qui frustre ses copains au plus haut point. Cette année, ils partent en randonnée à travers la nature sauvage suédoise. Lorsque Dom se tord le genou, ils prennent un raccourci dans une forêt sombre pour abréger leur marche. Rapidement, une menace invisible les suit à la trace, ce qui relance les vieilles rancunes du groupe.

Joe Barton, auteur du scénario, a modifié deux éléments qui font pivoter l’objectif du récit, et ce pour le meilleur! Premièrement, le sujet principal du roman est mis de côté, soit les conflits entre les personnages concernant leur statut social, les préjugés de chacun et l’importance négative des apparences dans notre société. Ces éléments mêmes qui m’ont complètement freiné durant ma lecture en me laissant un arrière-goût amer lors de la finale. Les chicanes et les discussions entre les protagonistes sont péniblement répétitives, ce qui coupe l’action du récit.

Deuxièmement, Barton a ajouté un personnage, Robert, le cinquième ami du groupe. Ce dernier est assassiné dès les premières minutes de l’adaptation. Après une soirée bien arrosée, Luke et Robert vont acheter de l’alcool dans un dépanneur pour continuer la fête. Malheureusement, l’établissement se fait braquer et Robert y laisse sa vie sous le regard impuissant de Luke. Notre héros fait donc face à sa culpabilité de survivant ainsi qu’aux accusations voilées de ses amis, car le narrateur s’est caché au lieu de porter secours à Robert. Le voyage annuel devient alors un moyen pour ces hommes d’entamer leur deuil. Contrairement au livre, ces ajouts font partie du récit sans le ralentir.

Le film se concentre heureusement sur la créature mythique habitant cette forêt ancestrale ainsi que sur le culte qui la vénère. Je ne vous en divulguerai pas davantage au cas où vous n’auriez pas vu l’adaptation. Celle-ci est disponible sur Netflix, soit dit en passant. La conception artistique et visuelle du monstre, absolument magnifique, vous donnera d’angoissants frissons. Apercevant sommairement la créature entre les arbres, elle nous est dévoilée complètement au troisième acte pour notre plus grande satisfaction!

Bruckner a réussi à produire une atmosphère sombre et inquiétante où les personnages sont confrontés à leurs peurs les plus refoulées. Il y a également l’ajout de séquences où Luke rêve de la mort de son ami. Le décor du dépanneur est alors directement intégré à la forêt! La transition des arbres aux allées du magasin, tout simplement sublime et ingénieuse, démontre l’utilisation intelligente des effets spéciaux.

La finale est complètement cathartique non seulement pour notre héros mais aussi pour le spectateur. Luke fait face à ses démons tout en confrontant ce monstre jusqu’au dénouement dramatique. Satisfaction garantie! Bref, une œuvre cinématographique à ne pas manquer.

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