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Monster, She Wrote

Monster She Wrote: Amelia B. Edwards, 1831-1892

Pour mon défi Monster She Wrote du mois de septembre, j’ai musclé mes yeux et mes bras en lisant un recueil de 428 pages. Ce dernier comprenait deux courts romans, une ballade et dix-sept nouvelles de fantômes… mais le plus fascinant est que cet échantillon représente à peine l’œuvre de la prolifique et aventureuse Amelia B. Edwards!

Née en 1831 à Londres, elle fut élevée et scolarisée par sa mère. Amelia prit la plume dès son plus jeune âge et publia à l’âge de douze ans sa première histoire! Lorsque son père perdit son emploi, elle soutint financièrement sa famille avec ses récits de voyages à travers l’Europe et l’Égypte. Elle eut un coup de foudre instantané pour ce mystérieux pays et devint égyptologue. Sensible à son environnement et désespérée par le manque de bienséance de ses compatriotes, elle créa en 1882 une fondation pour l’exploration respectueuse de l’Égypte. Surnommée la marraine de l’égyptologie, Amelia B. Edwards fut également engagée pour la cause des femmes à l’époque victorienne.

Edwards était une femme d’action, une femme indépendante et libre qui ne fut jamais mariée. Plusieurs suspectent même qu’elle était en fait lesbienne. Elle mourut d’une fièvre à l’âge de 60 ans et fut enterrée au côté de sa dernière compagne, Ellen Braysher. La vie de cette journaliste, romancière et égyptologue britannique est tout à fait extraordinaire. Elle inspira également l’écrivaine américaine Barbara Mertz pour ses livres d’aventures avec le personnage d’Amelia Peabody, soit une exploratrice à la fougue bien ressentie!

Vengeance, meurtre, camaraderie, amour perdu, vies antérieures, artiste et trésor maudits… malgré la diversité des sujets, les nouvelles de fantômes d’Amélia B. Edwards sont basées sur un modèle quelque peu redondant. Il y a inévitablement un narrateur qui relate confusément un souvenir de son passé où un spectre soit le prévient d’un danger, soit lui demande son aide. Nonobstant ce scénario rudimentaire, les atmosphères sinistres, étranges et gothiques à souhait créées grâce aux merveilleuses descriptions de l’auteure rendent justice aux lecteurs. L’aspect paranormal des textes est subtil et juste assez décalé de la réalité pour donner la frousse!

« At this moment, I saw a monk standing in an attitude of meditation upon a little knoll of rising ground some fifty yards ahead. His back was turned towards me; his cowl was up, his arms were folded across his breast. Neither the splendour of the heavens, nor the tender beauty of the earth, was anything to him. He seemed unconscious even of the sunset.

I hurried forward, eager to inquire my nearest path along the woods that skirt the lake; and my shadow lengthened out fantastically before me as I ran. The monk turned abruptly. His cowl fell. He looked at me, face to face. There were not more than eighteen yards between us. I saw him as plainly as I now see the page on which I write. Our eyes met… My God! Shall I ever forget those eyes? » (The Eleventh of March, page 264)

Outre les scènes surnaturelles, ce qui m’a le plus impressionné est l’exposition des paysages. La lecture de celles-ci est une contemplation en soi et je n’ai aucun doute sur le franc succès des récits de voyages d’Edwards! Voici un parfait exemple :

« A whole delightful Summer and Autumn went by thus, and my new home seemed more charming with every change of season. First came the gathering of the golden harvest; then the joyous vintage-time, when the wine-press creaked all day in every open cellar along the village street, and long files of country carts came down from the hills in the dusk evenings, lade with baskets and barrels full of white and purple grapes. And then the long avenues and all the woods of Bruehl put on their Autumn robes of crimson, and flame-colour, and golden brown; and the berries reddened in the hedges; and the Autumn burned itself away like a gorgeous sunset; and November came in grey ad cold, like the night-time of the year. » (Monsieur Maurice, pages 12-13)

Mon seul regret aura été de découvrir les nouvelles d’Amelia B. Edwards en plein cœur du mois d’août avec chaleur étouffante et des canicules à n’en plus finir… Ce recueil est fait pour l’hiver, surtout lorsque l’action se déroule dans les Alpes! Étonnement, aucune histoire n’a lieu en Égypte, mais au contraire l’action se situe majoritairement en Allemagne, en Italie ou en Angleterre… Parmi mes histoires préférées, vous retrouverez : The Phantom Coach où un homme perdu dans les landes en Écosse prend un carrosse à quatre chevaux avec des passagers morts depuis belle lurette ; et Cain où un peintre devient obsédé par un tableau maudit.

Voilà des nouvelles à déguster lentement durant une tempête de neige à la lueur d’une chandelle… En octobre entre deux films pour mon défi intitulé 31 jours d’horreur (ici), je lirai Of One Blood de Pauline E. Hopkins!

Janvier : The Blazing World de Margaret Cavendish (1666) (Lire ici)

Février : The Mysteries of Udolpho de Ann Radcliffe (1794) (Lire ici)

Mars : Frankenstein de Mary Wollstonecraft Shelley (1818) (Lire ici)

Avril : Clermont de Regina Maria Roche (1798) (Lire ici)

Mai : Manfroné or, The One-Handed Monk de Mary Anne Radcliffe (1809) (Lire ici)

Juin : Zofloya or the Moor de Charlotte Dacre (1806) (Lire ici)

Juillet : Lois the Witch de Elizabeth Gaskell (1859) (Lire ici)

Août : Weird Stories de Charlotte Riddell (1882) (Lire ici)

Septembre : The Collected Supernatural and Weird Fiction de Amelia Edwards (Nouvelles publiées au cours de sa carrière au 19e siècle)

Octobre : Of One Blood de Pauline E. Hopkins (1902)

Novembre : Hauntings and Other Fantastic Tales de Vernon Lee (Nouvelles publiées au cours de sa carrière au 19e et 20e siècle)

Décembre : A Beleaguered City and Other Tales of the Seen and Unseen de Margaret Oliphant (1880)

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