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Night Shift

2020 arrive rapidement à sa fin… tout comme mon défi lecture du recueil de nouvelles de Stephen King intitulé Night Shift. Et quelle année ce fut (dans tous les sens inimaginables)! Premier recueil de l’auteur publié en 1978, nous y retrouvons vingt courtes histoires, dont douze furent adaptées sur le grand écran. Comme pour toutes anthologies, certaines nouvelles prévalent sur d’autres pour leurs idées, leurs narrations et leurs exécutions. La même chose peut être dite concernant leurs adaptations cinématographiques! Du moins, c’est mon opinion… pour ce qu’elle en vaut.

Mon défi consistait à lire une histoire par mois, puis visionner le film et analyser le tout. Voici la liste de mes articles, vous n’avez qu’à sélectionner leurs titres pour les découvrir.

Janvier : Poste de nuit ou La créature du cimetière

Février : La presseuse

Mars : Le croque-mitaine ou The Boogeyman

Avril : Petits soldats

Mai : Poids lourds ou Maximum Overdrive

Juin : Cours, Jimmy, cours

Juillet : La corniche et Désintox Inc.

Août : La pastorale ou The Lawnmower Man

Septembre : Children of the Corn

Octobre : Chambre 312 ou The Woman in the Room

Je termine avec un mois d’avance, car La corniche et Désintox Inc. font partie de la même compilation intitulée Cat’s eye (1985). Je les ai donc joints lors de mon article en juillet dernier. Aujourd’hui, je vous présente sommairement les neuf nouvelles restantes, celles qui n’ont pas d’adaptation. Du moins, c’est ce que je croyais avant de m’attarder sur Gray Matter qui est en fait le prologue et l’épilogue dans la fameuse anthologie Creepshow (1982) de George A. Romero! C’est l’histoire d’un alcoolique qui, après avoir ingéré une bière périmée avec une substance non identifiée grisâtre, devient un monstre mangeur d’hommes. Étant un court métrage réalisé par Romero, je vous le recommande fortement.

Jerusalem’s Lot, One for the Road et Night Surf concernent les univers des romans ‘Salem’s Lot (1975) et The Stand (1978). Ces histoires étaient correctes… Je ne suis pas une fanatique de Stephen King au point de vouloir absolument lire des prologues ou des suites à ses romans. Jerusalem’s Lot, écrit en format épistolaire, relate l’origine des vampires de ce petit village au Maine. J’adore en principe lorsque des auteurs s’approprient la mythologie lovecraftienne et la transforme en quelque chose de complètement différent. Victor Lavalle (lire mon article ici) ou encore Shaun Hamill (lire mon article juste là) y ont selon moi brillamment excellé! Cependant, j’ai trouvé l’exécution de cette nouvelle bien maladroite. Lent, long et interminable, je me serais bien passé de cette histoire.

One for the Road fut un texte légèrement plus distrayant. Deux ans après les évènements de ‘Salem’s Lot, nous découvrons le sort des voyageurs passant innocemment par le fameux village abandonné. Tandis qu’avec Night Surf, nous suivons un groupe de jeunes adultes laissés à eux même dans un monde post-apocalyptique. Captain Trips, la variante mortelle de la grippe du roman The Stand, a décimé une bonne partie de la population mondiale. Hum… que d’actualité! Malheureusement, le narrateur est un trou de cul et le récit repose sur des propos sexistes avec une grossophobie ambiante assez désagréable.

Complètement à l’opposé, nous retrouvons des nouvelles intéressantes et poignantes, dont I Am the Doorway et The Last Rung on the Ladder. Dans la première, des yeux apparaissent au creux des mains d’Arthur. Ce dernier, un ancien astronaute handicapé, vit depuis son accident en retrait de la société. Lors de son ultime voyage dans l’espace en orbitant autour de Vénus, une étrange sensation s’empara de lui : « It was like circling a haunted house in the middle of deep space. » (Page 100) Une histoire angoissante, cosmique et insolite comme je les aime!

The Last Rung on the Ladder, au même niveau que The Boogeyman et The Woman in the Room, a résonné en moi. L’horreur humaine et réelle racontée dans ces nouvelles ne peut qu’atteindre le lecteur droit au cœur. En apprenant le suicide de sa sœur, le narrateur dévasté, plein de remords et de culpabilité se souvient d’un après-midi lors de son enfance où sa petite sœur a failli mourir d’une mauvaise chute. « The ladder had always held us before, we thought it would always hold us again, which is a philosophy that gets men and nation in trouble time after time. » (Page 439) C’est avant tout l’histoire de la vie et du temps qui passe, des gens qui se laissent emporter par eux au détriment des êtres chers.

Finalement, les trois nouvelles suivantes complètent le recueil : Strawberry Spring, I Know What You Need et The Man Who Loved Flowers. Un tueur en série amnésique se déplace grâce à la brume ambiante ; un jeune homme obsédé utilise le vaudou et la magie noire pour posséder une femme ; un autre tueur en série amnésique se croyant amoureux donne à de malheureuses étrangères un bouquet de fleurs vite remplacé par des coups de marteau… Hum… Je ne sais pas trop quoi en penser. Il y a définitivement un niveau de misogynie dans le corpus de Stephen King.

Eh bien, ce projet fut une aventure en soi, mais je dois avouer qu’après tout ce sexisme et cette grossophobie, je suis prête pour l’année 2021 et un défi lecture complètement différent! La thématique? Nul autre que les écrivaines de l’horreur! J’attends impatiemment depuis plusieurs mois d’entamer la lecture du documentaire Monster, She Wrote : The Women Who Pioneered Horror & Speculative Fiction écrit par Lisa Kröger et Melanie R. Anderson aux éditions Quirk Books. Allant des auteures du 17e siècle aux contemporaines telles Anne Rice, Kathe Koja et Helen Oyeyemi, le livre explique l’importance de ces femmes pour la littérature de genre.

Je lirai donc en ordre chronologique un chapitre de Monster, She Wrote par mois ainsi qu’un livre ou un recueil de nouvelles de l’auteure vedette. Ce défi s’étalera sur plusieurs années (yeah!), car j’entamerai à peine les écrivaines du 20e siècle d’ici la fin de l’année prochaine. Voici le calendrier pour 2021 :

Janvier : The Blazing World de Margaret Cavendish (1666)

Février : The Mysteries of Udolpho de Ann Radcliffe (1794)

Mars : Frankenstein de Mary Wollstonecraft Shelley (1818)

Avril : Clermont de Regina Maria Roche (1798)

Mai : Manfroné or, The One-Handed Monk de Mary Anne Radcliffe (1809)

Juin : Zofloya or The Moor de Charlotte Dacre (1806)

Juillet : Lois the Witch de Elizabeth Gaskell (1859)

Août : Weird Stories de Charlotte Riddell (1882)

Septembre : The Collected Supernatural and Weird Fiction de Amelia Edwards (Nouvelles publiées au cours de sa carrière au 19e siècle)

Octobre : Of One Blood de Pauline E. Hopkins (1902)

Novembre : Hauntings and Other Fantastic Tales de Vernon Lee (Nouvelles publiées au cours de sa carrière au 19e et 20e siècle)

Décembre : A Beleaguered City and Other Tales of the Seen and Unseen de Margaret Oliphant (1880)

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