Films d'horreur Classiques
Analysons un bon vieux film

Re-Animator (1985)

Tirez-vous une bûche… c’est le temps d’analyser un bon vieux film!

Sortez votre walkman et dépoussiérez votre cassette audio préférée, soit Dead Man’s Party de Oingo Boingo, car aujourd’hui nous retournons en 1985. Nous revisitons l’unique, que dis-je, l’incroyable, le MAGNIFIQUE Re-Animator.

Film d'horreur H. P. Lovecraft

Avertissement : J’examine et décortique ce film dans son ensemble dans un ordre qui ne suit pas nécessairement la logique narrative de « début à la fin ». Donc, si vous n’avez pas vu ce classique, je vous suggère fortement de le visionner avant de lire ma chronique… je vais attendre, ne soyez pas inquiet… c’est bon? Vous l’avez écouté? Parfait! Nous pouvons commencer.

Premier long métrage de Stuart Gordon, Re-Animator est librement basé sur le court roman Herbert West : Re-Animator de H. P. Lovecraft. Quoi? Encore lui! me direz-vous. Eh bien, lorsque vous naviguez dans les sphères de l’horreur vous ne pouvez y échapper. Lovecraft a eu un impact majeur sur plusieurs générations de lecteurs et d’artistes, dont le réalisateur de ce film.

Publié pour la première fois en 1922 dans la revue Home Brew sous la forme d’un feuilleton en six parties, ce bref roman de moins de cent pages relate l’histoire du docteur Herbert West. Ce dernier est fasciné et absolument obsédé par la réanimation des morts grâce à une solution chimique de son invention. Outre quelques personnages et les thématiques à la Frankenstein, zombies et scientifiques fous, le film est une œuvre assurément améliorée. Enfin, selon moi.

Stuart Gordon, décédé récemment, a eu une carrière des plus intéressante dans le domaine indépendant de l’horreur. Il a tout d’abord fondé en 1969 sa propre compagnie de théâtre, Organic Theatre Company, qui a produit plusieurs pièces théâtrales avant-gardistes dont Bleacher Bums et Sexual Perversity in Chicago. Re-Animator lui a valu non seulement le prix de la critique pour le meilleur film de genre au Festival de Cannes, mais également le statut immédiat de classique! Gordon a par la suite revisité de nombreux récits de Lovecraft, dont Aux portes de l’au-delà (1986), Dagon (2001) et deux épisodes de l’anthologie Masters of Horror (2005 et 2008).

Arrivant au milieu de la décennie, décennie majoritairement influencée par les « slashers » où le « gore » était à l’honneur au détriment d’une structure narrative innovante ; Re-Animator est un curieux mélange entre les thèmes traditionnellement gothiques comme vaincre la mort, un humour noir et des effets spéciaux sanglants communément appelés « gore » et « splatter ». Oh oui, l’hémoglobine gicle dans ce film. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vue, vous êtes averti!

Film d'horreur H. P. Lovecraft
Dr. Gruber, ancien mentor du Dr. Herbert West

Rares sont les films qui équilibrent à la perfection l’humour et l’horreur. Tout à fait conscient de l’importance de cette comédie qui permet au public de relâcher la tension, Gordon alterne la mutilation de corps avec des situations nommées « slapstick ». Celles-ci sont incroyablement drôles et le spectateur ne peut que rire aux éclats. La réanimation du chat par West en est un excellent exemple. Le « slapstick », employé depuis la création du cinéma et même avant au théâtre, est l’utilisation de l’humour avec une violence physique volontairement exagérée.

Le tout intercalé avec des reparties cinglantes absolument fantastiques, dont ma préférée : « And what would a note have said, Dan? ‘Cat dead – details later’? » L’une des fameuses répliques de Herbert West, interprété par nul autre que Jeffrey Combs.

Bon, je m’égare un peu dans mon analyse… En ce qui concerne l’histoire, le réalisateur a intelligemment transposé le récit en 1985 dans un hôpital de ville contrairement au court roman de Lovecraft qui se déroule en campagne au début du 20e siècle. Trois personnages sont remaniés : l’antihéros plus sympathique qu’antipathique Herbert West, le narrateur et colocataire Dan Cain ainsi que le docteur Carl Hill. Celui-ci n’est autre que l’ultime ennemi de Herbert West et le véritable monstre du film. C’est à peu près ici que le récit diffère de l’original.

Tout d’abord, Gordon donne au personnage du docteur Hill une obsession malsaine pour Megan Halsey, petite amie du narrateur. Puis, Hill possède le pouvoir d’hypnotiser les gens, autant ceux qui sont vivants que ceux qui sont morts… ce qui est bien pratique pour l’une des séquences finales où Hill contrôle une armée de zombies.

L’esthétique visuelle des décors et des scènes de « gore » ainsi que l’humour macabre avec des chorégraphies de « slapstick » ont rendu ce film inoubliable. Particulièrement lorsqu’on prend en considération le budget alloué pour ce projet. Des peanuts pour l’époque! Le budget fut judicieusement concentré sur le département des effets spéciaux pratiques orchestré par Bret Culpepper et Richard N. McGuire.

L’essai de Rick Worland, The horror film : an introduction, fut d’un grand secours pour ma chronique. Worland consacre un chapitre entier au Re-Animator, analysant les thèmes ainsi que l’impact du film sur la société américaine lors de sa sortie. Pour la prochaine œuvre de Analysons un bon vieux film, nous retournerons en 1957! Je ne vous en dis pas plus, aller tourlou!

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