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The Lighthouse Witches

Novembre est un mois où pour moi le temps s’arrête. Lorsque la température tombe au-dessous de zéros, que les feuilles s’effritent sous vos pas et qu’une vague odeur de bois brûlé chatouille vos narines… c’est le moment de faire un peu d’introspection. Donc, sortez vos bas de laine, préparez-vous un bon chocolat chaud, emmitouflez-vous sous une couverture douillette et laissez-vous emporter par une lecture passionnante!

Eh bien, j’ai trouvé le roman I-DÉ-AL pour un cocooning préhivernal. Je ne crois pas avoir lu une histoire aussi ensorcelante cette année, du moins pas depuis The Invited (lire ici), Mexican Gothic (lire juste là) ou même ma relecture de Shining Girls (ici). En fait, je peux compter sur les doigts d’une main les récits qui ont fait palpiter mon cœur de glace cette année en incluant les titres nommés plus haut. 2021 fut pour le moins une période stressante et drainante pour moi. Alors tomber par hasard sur The Lighthouse Witches de C. J. Cooke à ma librairie locale fut un signe du destin!

L’illustration de la page couverture m’a complètement envoutée, d’ailleurs elle mérite un instant de silence et de contemplation! Un phare rouge et noir est submergé par des vagues au dégradé de bleu brillant avec une pleine lune jaune bleutée. Le tout formant un ovale presque parfait! Vraiment, chapeau à Andrew Davis pour ce design à l’esthétique agréable et drôlement satisfaisante. Une fois le choc du premier contact passé, je me suis laissée conquérir par le résumé. Une île en écosse, des sorcières, des personnes qui disparaissent mystérieusement et une malédiction? Quoi de mieux, pour un après-midi frileux de novembre ?!

J’ai lu une critique sur Goodreads qui décrivait sommairement The Lighthouse Witches comme un mashup entre les procès de sorcières, la mythologie nordique et la série Netflix intitulée Dark. Je ne pourrais mieux décrire ce roman et son atmosphère magnétique! Brièvement, deux sœurs et leur mère sont portées disparues en 1998 sur une île écossaise isolée. Plus de vingt ans après, Luna, seule survivante de ce drame familial inexplicable, retrouve sa plus jeune sœur… le problème? Celle-ci a toujours le même âge qu’en 1998. Oui, oui, vous avez bien lu!

Nous suivons les divers points de vue des protagonistes dans ce récit non linéaire alternant entre 1998 et 2021. Liv, une mère monoparentale et une artiste, est engagée par un riche propriétaire pour peindre une murale dans le phare appelé The Longing. Un nom diablement poétique pour un endroit au passé plus que sombre, car plusieurs siècles auparavant les villageois y brûlaient les « sorcières » de l’île. Liv emménage précipitamment au milieu de la soirée avec ses trois filles : Sapphire 15 ans, Luna 10 ans et Clover 7 ans. Leur vie déjà chaotique est vite bouleversée par d’étranges apparitions, un vieux grimoire et des os abandonnés dans le phare. On découvre peu à peu que les habitants ont des traditions et des superstitions bien conservatrices… Magie, sorcières, malédiction, changelings, folklore écossais… L’atmosphère menaçante remplie de suspense vous donnera plus d’un frisson!

Je dois avouer que je ne suis pas insensible à l’horreur folklorique ou « Folk Horror ». J’adore les thématiques sinistres et l’ambiance noire de celui-ci. Ce genre littéraire et cinématographique reprend des éléments folkloriques tout en plongeant ces protagonistes dans des situations insolites où la nature et l’isolement ont un rôle important. Il n’est pas rare d’y apercevoir des personnages dits « urbains » qui débarquent par hasard dans un espace rural où de sombres conspirations hantent les lieux. Ce qui est exactement le cas dans The Lighthouse Witches. Le secret des villageois est absolument horrifique!

De plus, la composante folklorique du récit est habilement utilisée par l’auteure. Les changelings, vous connaissez? Ce sont des leurres laissés par les fées, trolls ou autres créatures du petit peuple pour remplacer les nouveau-nés humains. Principalement retrouvés dans le folklore irlandais, écossais, scandinave et asturien, les changelings sont mentionnés dans la littérature européenne depuis le Xe siècle! Il existe une variante infinie de contes et d’histoires avec ces êtres sinistres. Dans le roman, elles sont liées à la malédiction des sorcières. Lorsqu’elles sont capturées par les habitants de l’île, les créatures sont brûlées vivantes dans la forêt brumeuse. Laissant ainsi le paysage féérique parsemé d’arbres calcinés… Et lorsqu’on découvre leur véritable origine, c’est un coup de poing à l’estomac! Ouf!

L’écriture de C. J. Cooke est tout simplement magnifique! Née en Irlande du Nord, elle est une poète et une conteuse naturelle. Le rythme du récit dans The Lighthouse Witches est rapide, cependant en peu de mots, nous comprenons le caractère et les motivations de chaque personnage. On sent pratiquement le vent et l’eau saline sur notre peau à chaque tournant de page! C’est tout simplement fantastique. Si l’horreur folklorique vous intéresse, je vous recommande également The Twisted Ones de T. Kingfisher (ici). Bonne lecture!

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