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The Shining Girls

Voilà! J’ai trouvé LE roman parfait! Une véritable lecture cinq étoiles qui peut également être feuilletée encore et encore sans susciter l’ennui ou le désintérêt. Entre suspense, enquête policière, horreur, science-fiction et maison hantée, je vous présente : The Shining Girls de Lauren Beukes. Tadam!

Ce roman fut mon ultime coup de cœur de l’année 2019. Revisitant cette histoire deux ans plus tard pour ma chronique, je peux vous confirmer son statut de livre culte. Rien de moins! Il est tellement bon que lors de ma première lecture, je l’ai terminé en une seule journée tandis qu’une migraine me scindait le front en deux. C’est peu dire! Durant ma relecture, j’ai pris le temps d’admirer la prose, mais aussi la complexité de la narration non linéaire allant de 1931 à 1993 et des personnages plus intéressants les uns que les autres. Même les protagonistes secondaires ont droit à une caractérisation unique et profonde.

Publié en 2013 aux éditions Mulholland Books, The Shining Girls ou Les lumineuses pour la version française est un récit choral où chaque chapitre suit le point de vue d’un personnage et d’une époque différente. Née en 1976 à Johannesbourg en Afrique du Sud, Lauren Beukes a commencé sa carrière en journalisme pour continuer en fiction autant comme écrivaine de romans et de bandes dessinées que comme scénariste d’émissions télévisuelles pour enfants. Elle fut récompensée par le prestigieux prix littéraire Arthur-C. Clarke pour son roman Zoo City ainsi que par le prix British Fantasy pour The Shining Girls.

Chicago, 1931. Harper Curtis, un homme sans foi ni loi, tombe par hasard sur une maison abandonnée pouvant voyager dans le temps. Dans la chambre à coucher, des babioles singulières (poney, briquet, carte de baseball, pilules contraceptives, etc.) trônent sous les noms de sept jeunes femmes. Brillants de mille feux sont inscrits sur le mur : Zora, Willie, Kirby, Alice, Margot, Catherine, Jin-Sook. Harper comprend rapidement les intentions de la maison et prend goût au sombre jeu : traquer et tuer ses proies à travers le temps en déposant près d’elles un objet d’une autre époque. Ça, c’est sans compter sur l’intrépide Kirby l’unique survivante qui pourchassera et se vengera coute que coute de son agresseur.

Le titre du roman fait donc référence à ces femmes fortes et indépendantes aux potentiels immenses qui osent être elles-mêmes et briller. Un élément particulier m’a attiré lors de cette relecture : les meurtres sont tous, sans exception, vécus par l’entremise de la victime et non de Harper. Bien que les pensées abominables d’Harper lorsqu’il exécute ses crimes nous soient relatées par la suite, l’accent est d’abord mis sur les jeunes femmes, leurs peurs et leurs émotions durant leurs ultimes moments. Ce qui rend la description des tueries assez brutale et atroce. Vous êtes prévenu!

Dans une entrevue disponible à la fin de l’histoire, du moins pour l’exemplaire réédité en 2014, Beukes mentionne ce choix délibéré pour renverser le stéréotype du roman de tueur en série. En gardant l’attention sur les victimes, l’auteure examine l’impact de cette violence sur ses personnages, mais également sur le lecteur.

Comme je le soulignais plus haut, chaque protagoniste, antagoniste et caractère secondaire, surtout les « lumineuses », possèdent une voix unique et intéressante. Mais, la personne qui m’a fait tomber en amour avec ce livre n’est nulle autre que l’héroïne, Kirby. Cheveux en bataille, tempérament d’opposition, fonceuse, humour sarcastique, nous la suivons de sa jeunesse à sa tentative de meurtre, puis à sa quête pour reprendre le contrôle de sa vie.

En un seul chapitre, Beukes décrit avec subtilité le portrait de cette famille monoparentale. Appelant sa mère uniquement par son prénom, Rachel, Kirby devient responsable tôt et apprend à se défendre. Sa mère est une artiste bohème et hippie qui bouscule sa fille d’un endroit à un autre en l’exposant à ses relations toxiques. Déjà vers l’âge de 6 ans, Kirby va au-delà de ses peurs. Un soir laissé à elle-même, Kirby entend un bruit inquiétant et décide d’en découvrir la source :

« Kirby throws back the sheet. “I’m going to go see, okay?” she tells the pony, because the thought of waiting for the monster to come to her is unbearable. She tiptoes to the door, which her mother painted with exotic flowers and rambling vines when they moved in four months ago, ready to slam it in the face of whoever (whatever) comes up the stairs. » (Page 17)

Le plus troublant, c’est qu’à cet âge, elle place consciencieusement des morceaux de bouteilles brisées devant sa porte… L’auteure a insufflé à son héroïne une vie qui lui est propre et c’est absolument fascinant.

Vous dévoiler d’autres détails serait gâcher votre expérience de lecture! Je vous laisse donc découvrir « les lumineuses » et être emporté par cette histoire envoûtante et sinistre.

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